Des fleurs dans nos vies

Essai G1b

Au mois de mars 2026, les fleurs ont investi en masse mes tableaux, pour ne plus les quitter. Dans des arbres, coupées ou en terre, elles sont partout ! On pourrait se dire que c’est juste l’arrivée du printemps qui se manifeste ainsi mais ce n’est qu’un aspect.

Un peu d’histoire

Au début, je ne peignais des fleurs que quand j’étais triste. Pas parce que je n’aime pas les fleurs mais parce que je trouvais que j’avais des choses plus importantes à peindre. Les fleurs étaient presque trop jolies pour être un sujet sérieux de peinture.

Pourquoi les peindre quand j’étais triste ? Cela vient d’une histoire de Bouddha. Je ne me souviens plus où je l’avais lu et cette version ne semble pas si courante. Bouddha est assis sous un figuier et médite. Mara (le démon, le tentateur) l’attaque sans relâche. Bouddha refuse de céder et tient bon. Mais à l’aube du 7e jour, il se dit que c’est sa résistance le problème. Alors il accueille Mara. Au lieu de repousser ses flèches et ses lances, il décide de les laisser entrer et le blesser, voire le tuer si cela doit être son destin. Et tous les projectiles avant de le toucher se transforme en fleurs, il pleut des fleurs sur lui. Mara est vaincu, définitivement, parce qu’il a été accueilli sans réserve.

En plus d’être un immense réservoir de réflexions philosophiques, cette histoire a forgé ma relation à la tristesse. Au lieu de la repousser, j’essaie de l’accueillir et de la laisser se transformer en fleurs. Je l’aide un peu en offrant des fleurs dans ces moments là à tous ceux qui en ont envie. Les peindre semble une évolution logique de ce fonctionnement. Alors pourquoi autant de fleurs en ce moment ?

Les fleurs dans la tradition bouddhiste

Les fleurs sont très importantes chez les bouddhistes. La fleur de lotus est la plus connue d’entre elles. Cette fleur ne fleurit que dans la boue : elle symbolise le chemin de l’éveil et les nécessaires épreuves qui le jonchent. C’est dans ce contexte que les fleurs ont changé de sens dans ma peinture.

Pour découvrir un peu plus les fleurs dans le bouddhisme, un excellent site : La pluie qui fleurit

De transmutation de la tristesse, elles sont devenues porteuses d’espoir à part entière. Simples offrandes presque passives au début, elles sont aujourd’hui actrices d’un mouvement de réenchantement de l’espace visuel et spirituel. La beauté de ces fleurs n’est pas juste décorative, elle est instructive : elle nous apprend à ralentir, à respirer et à aimer.

C’est parce qu’elle est belle, attirante qu’elle nous incite à devenir meilleur.e.s : envie, jalousie, convoitise s’invitent à la fête. En renonçant à la comparaison, à la haine, nous apprenons peu à peu à aimer. Et sa beauté peut nous procurer du réconfort face aux vicissitudes de l’existence. Un maître à penser, doux et patient, compatissant et qui sent bon, que demander de mieux ?

Quelle est la différence entre aimer et adorer ? Celui qui adore une fleur l’arrache et l’expose dans son salon, celui qui l’aime la laisse dans la terre et vient l’arroser tous les jours

Proverbe bouddhiste

Réponse : un maître qui sait aussi nous apprendre à nous défendre et à distinguer la vérité. Et les fleurs sont tout aussi douées dans ce domaine. Des épines aux phéromones, elles ont tout un arsenal de défense qui leur permet de ne craindre ni les prédateurs, ni l’homme.

Dans les environnements urbains, les fleurs apportent la nature dans toute sa splendeur. Mais vous remarquerez que sur deux des trois tableaux ci dessus, c’est une nature sauvage qui a pris le dessus qui est présentée. L’homme pense mettre de jolis objets décoratifs dans son jardin, les fleurs survivent à la disparition (Blossoming) ou à l’incendie (Renaître de ses cendres), encore plus belles qu’avant.

C’est peut-être là la plus belle de leurs leçons : le plus important, ce n’est pas ce qu’on montre aujourd’hui mais l’héritage qu’on laisse et le monde que cela construit, pétale après pétale 😉

Si vous souhaitez mettre des fleurs dans votre vie, toutes celles ci sont disponibles à l’adoption