
Il y a quelques jours, je me suis amusée à faire des photos dans la Pride de Bordeaux. C’était l’objectif du jour, j’étais partie avec mon nouveau téléphone (Samsung A26 pour ceux que ça intéresse). Donc, une belle marche, presque 300 photos en 3h et de belles rencontres.
Mais en regardant rapidement les photos, celle qui est en tête de cet article m’a interpelée : IA ? Alors soyons clairs : je n’utilise pas l’IA, en tout cas pas de mon plein gré. Il y en a probablement des certaines des applications que j’utilise, cachée sous des noms trompeurs mais cette évolution technologique n’est pas pour moi. Il s’agit d’enlever l’humain de l’équation, c’est même l’inverse de ma mission de vie. Aussi, dès que j’ai reçu mon nouveau téléphone (il a moins d’un mois), j’ai désactivé toutes les options IA possibles, notamment au niveau de l’appareil photo. Je n’ai aucune envie que mes toiles servent à alimenter un système inhumain.
J’ai également changé de navigateur, de moteur de recherche, d’endroit pour stocker mes photos et bientôt de réseaux sociaux 😉

Alors cette photo, un fake ?
Et cette photo, je l’ai prise moi-même, j’ai appuyé sur le déclencheur, rien n’a été fait entre pour la modifier. Pourtant, en la regardant, je me suis posée la question. Pas longtemps parce que j’avais toutes les preuves à disposition mais comment ferait quelqu’un d’autre ?
C’est ainsi que j’ai repassé toutes les photos pour trouver le même char sous un autre angle. Je l’ai aussi revu sur des vidéos et oui, les écritures en haut sont bien sur le char. Donc, pourquoi ai-je spontanément pensé à un fake fabriqué par IA ?
Parce que notre perception de la réalité est devenue suspicieuse. Toute information est passée aujourd’hui sous le crible de la possible manipulation. À force de se demander si cette image est réelle, on finit par douter de la réalité elle-même. Force est de constater que même si je n’utilise pas l’IA, son omniprésence sur les réseaux a déjà modifié mon rapport au réel.
J’ai presque 50 ans, j’ai connu la vie avant internet et les réseaux sociaux. Dans une réalité changée par l’IA jusque dans ses moindres recoins, comment nos enfants vont-ils savoir où est le réel ? La réponse est simple : la réalité va se restreindre à l’immédiat, à ce qu’on peut directement toucher ou sentir. Tout le reste va devenir douteux, pollué par l’idée que l’information a peut-être été déformée sciemment.
Ça change quoi cette réalité IA2.0 ?
En tant qu’artiste, ça affecte directement ma proposition commerciale. Offrir des options digitales ou même des prints de mes oeuvres ? À l’heure où tout est reproductible à l’infini, copiable, transformable pour une somme dérisoire dans un logiciel, je n’en vois pas l’intérêt. Je préfère faire des ACEO ou de mini-toiles pour ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir les originaux de grande taille.
Je reste convaincue que l’art est un secteur d’avenir, peut-être l’un derniers remparts. Il s’agit de rester pensant dans un monde engoncé chaque jour un peu plus dans le reniement de la sacralité de l’humain et de la vie. Soyons humains à 100%, soyons imparfaits et en recherche, émerveillés et conscients : soyons artistes jusqu’au bout de nos orteils et retrouvons l’âme perdue de cette réalité changée par l’IA 🧘
Pour finir et pour le plaisir, quelques photos de la Pride et une très rare photo de moi pour les courageux qui ont lu jusqu’en bas 😉